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Le candidat Mexan Silence Mounkama a décroché la mention « Très honorable » en histoire des relations internationales, le 30 avril dernier, à l’issue de sa soutenance.
Par Michel Enony

Trois heures d’échanges. Et le verdict tombe : « Monsieur Mounkama Mexan Silence, après avoir évalué votre travail, le jury accepte votre thèse et vous attribue la mention « Très honorable » avec les félicitations du jury. » Cris et youyous dans la salle ANBP de l’Université de Yaoundé 1, ce 30 avril 2026. C’est à l’occasion de la soutenance de thèse de doctorat en histoire des relations internationales sur le thème : « La diplomatie communautaire africaine dans les stratégies de gouvernance intégrative (1963-2018). »Les recherches engagées il y a cinq ans reviennent sur les 55 ans d’échecs et d’espoirs pour l’intégration africaine depuis la création de l’Organisation de l’Unité africaine (Oua) en 1963 et la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) en 2018.

Les travaux ressortent les obstacles qui ont contribué aux échecs de la libre circulation, aux blocages de la Zlecaf , entre autres. « Depuis la création de l’Oua et la création de la Zlecaf, on découvre que l’intégration africaine stagne : elle est au point mort. Les chefs d’États africains ne font pas ce qu’ils disent » , soutient mordicus le candidat.
Deux exemples concrets sont analysés. D’abord, la libre circulation des biens et des personnes, frein majeur du développement, toujours sacrifiée sur l’autel des souverainetés nationales. Ensuite, la Zlecaf, censée être une révolution, reste, selon le chercheur, en hibernation faute de volonté politique réelle. « Les États africains se sont idéologiquement fixés dans des postures héritées de la colonisation», résume-t-il.
Face aux questions du jury sur l’intérêt et l’originalité de son travail, Mexan Mounkama déroule son argumentation. « Ce travail est un outil pour les décideurs africains afin de comprendre ce qui bloque le développement de l’Afrique. Ce que nous proposons, c’est qu’ils doivent appliquer ce qu’ils disent, martèle-t-il, pour sortir des 55 ans de promesses et d’engagements non tenus. »Le jury a salué un travail « rigoureux, dérangeant mais nécessaire ».
Reste à savoir si les chefs d’État africains accepteront un jour d’entendre ce genre de diagnostic.
