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Cette opération, dont le coût s’élève à 13 milliards de francs CFA, intervient vingt et un ans après le précédent décompte. Elle lève enfin le voile sur une population demeurée méconnue depuis 2005.
Par Michel Enony

L’attente aura duré deux décennies. Le Cameroun, qui n’avait pas actualisé ses données démographiques depuis 2005, a officiellement engagé son quatrième recensement général de la population et de l’habitat (RGPH). Cette opération est couplée aux recensements agricole et pastoral.
Portée par la révolution numérique, elle promet de substituer aux approximations des chiffres précis, et ce dans un délai inédit.Les enjeux et la méthodologie déployés par les pouvoirs publics afin d’assurer le bon déroulement de cette entreprise d’envergure ont été présentés le 29 avril, lors d’un point de presse conjoint réunissant le ministère de la Communication, celui de l’Élevage, celui de l’Agriculture ainsi que les principaux acteurs de l’opération, dont le Bureau central des recensements. Selon les propos de la directrice du Bucrep, Bernadette Françoise Mbarga, l’époque des délais interminables est révolue.

Alors que le troisième recensement avait exigé deux années pour livrer ses résultats, la dématérialisation des procédures permet aujourd’hui de ramener ce délai à cinq mois. « Cette fois-ci, les informations sont directement saisies dans le smartphone », a-t-elle expliqué, soulignant que l’outil autorise une transmission immédiate vers les serveurs centraux de Yaoundé.Ce vaste exercice de souveraineté ne se limite pas à dénombrer les habitants. Conjugué au recensement agricole, il vise à cartographier les exploitations et les cheptels afin de répondre à l’urgence alimentaire. Le constat dressé par Gabriel Mbairobe, ministre de l’Agriculture, est sans appel : « En 2024, la facture d’importation du riz, du maïs et du poisson a dépassé 600 milliards de francs CFA. Il faut inverser la tendance. » Il a indiqué que cette opération permettra de connaître le « véritable potentiel en terres cultivables et la taille du cheptel national ».Afin de dissiper les inquiétudes, le gouvernement a mis en place un numéro vert (8585) et formé des agents aisément identifiables grâce à un badge et une chasuble siglés.
Financé à hauteur de 13 milliards de francs CFA, dont 7 milliards apportés par la Banque mondiale, « les salaires des agents sont sécurisés. Les paiements se feront par l’intermédiaire des opérateurs de téléphonie mobile. Il n’y a aucune inquiétude à avoir. Toutes les dispositions nécessaires seront prises. Toutes les personnes seront rémunérées », a assuré le porte-parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi.
